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La libération de CRAMOISY (Oise)

 
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MessagePosté le: Mar 3 Juil - 19:37 (2012)    Sujet du message: La libération de CRAMOISY (Oise) Répondre en citant

Bonjour,

Je vous présente l'histoire de Cramoisy (Oise) écrit par Etienne FRAMERY

Lien : http://www.cramoisy.org/histoire/lib.php


 
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La libération de CRAMOISY


Le prix de la liberté dans l'OISE ... concernait bien sûr... CRAMOISY ! Le département de l'OISE a connu 1264 jours d'occupation, 1264 jours de Résistance... Plus de 250 jours pour atteindre le 8 mai 1945, date de la capitulation nazie... soit 1514 jours au total...
Plus de 250 avions alliés ont été abattus dans le ciel de notre département, plus de 400 noms de ces aviateurs enterrés dans nos cimetières communaux. Ajoutons à cela, plus de 800 noms de femmes et d'hommes parfois très jeune, victimes ou héros tombés durant les quatre années d'occupation nazie...
(Sources de l'A.N.A.C.R. OISE : Association nationale des anciens combattants de la Résistance - OISE)
Témoignages de Mr Etienne FRAMERY (qui avait 12 ans et demi lors de la libération de CRAMOISY, le jeudi 31 août 1944) et documentation historiques fournis gracieusement par Mr Etienne WALLUT, aujourd'hui Vide Président de l'union JEEP-VEXIN 2, rue pierre BONTE 95450 SAGY (qui habitait PONTOISE en 1944 étant à l'époque âgé de 15 ans) et que nous tenons vivement à remercier pour sa précieuse collaboration ! ...

Les temps forts de l'occupation et de CRAMOISY libéré le jeudi 31 août 1944 par la 30ieme division U.S. du 120ieme régiment d'infanterie.

Du 17 mars à la mi-août 1944, CRAMOISY a été épargné par au moins 18 bombardements destinés aux galeries souterraines des carrières de montages des V1 de SAINT LEU D'ESSERENT et celles de SAINT-MAXIMIN où étaient entreposés différents matériaux militaires des allemands.
Tout débuta le vendredi 17 mars vers 14h50 au centre de triage S.N.C.F. "LE PETIT THERAIN" noeud ferroviaire important. Rebelote le lundi 20 mars. Toujours et encore le jeudi 23 mars avec cette fois deux vagues de gros bombardements et des dégâts très importants. Le dimanche 26 mars, les écluses de CREIL étaient visées en piqué. Le jeudi 27 avril toujours en piqué la gare de CREIL, ainsi que la rue Jean JAURES sont encore visées. Le dimanche 30 avril, le champ d'aviation Allemand situé sur le plateau de CREIL, près de VERNEUIL EN HALATTE subit 3 bombardements. Le mercredi 10 mai, suite à l'attaque de la gare de CREIL, un train de voyageurs est touché faisant de nombreuses victimes. Le lundi 15 mai, bombardement du champ d'aviation ; ceux-ci se succédèrent jusqu'au dimanche 28 mai.

Le mardi 30 mai, des "Mosquitos" réussirent à couper le viaduc de la ligne de CHANTILLY sur une partie.
Le jeudi 1er juin, vers 21h30, une très grosse formation de forteresses mit le "paquet" sur le terrain d'aviation de CREIL.

Mardi 6 juin 1944 : Jour "J"

Ce jour j'étais arrivée à l'école communale de bonne heure en courant tout heureux d'annoncer à mes copains la bonne nouvelle "ça y est les gars, les Américains ont débarqués cette nuit en NORMANDIE". Monsieur Henri LESAGE, notre regretté instituteur était bien sûr au courant mais me fit comprendre de me taire un peu car je "gueulais" comme un âne et les Allemands n'étaient pas loin. Ce jour là, les avions Allemands de la base aérienne de CREIL n'ont pas "chômés" ! Ils volaient bien bas au dessus de CRAMOISY avec 2 bombes sous le fuselage se dirigeant vers les plages du débarquement en NORMANDIE. Revenaient faire le plein afin de poursuivre leur mission.

Le jeudi 8 juin, sur une voie S.N.C.F. de CRAMOISY, un train de munitions était garé depuis quelques jours. Une occasion pour la R.A.F., vers 12h15, de larguer en piqué 6 bombes en direction de l'usine PARVILLEES, ainsi que sur l'embranchement de la voie ferrée se dirigeant vers MAGENTA et les carrières CIVET-POMMIER de SAINT VAAST LES MELLO.

Le dimanche 11 juin, bombardement dès 8h30 ainsi qu'a 15h30, visant les routes de CIRES LES MELLO, BALAGNY SUR THERAIN, CREIL, MONTATAIRE, SAINT LEU D'ESSERENT, CRAMOISY allant vers BEAUVAIS car celles-ci étaient sillonnées par d'importants convois de véhicules Allemands transportant des carrosseries de V1 se dirigeant vers la base de lancement des côtes de NORMANDIE et du PAS DE CALAIS.

Le mardi 13 juin, à 8h30, très gros bombardement réussi qui devait rendre inutilisable le terrain d'aviation de BERNES. Depuis un certain temps, les pilotes de la R.A.F. avaient remarqués sur ce terrain des avions Allemands en bois ! La supercherie ne prit pas pour les alliées qui larguèrent de vrais bombes le mardi 13 juin car les avions factices avaient été remplacés (Sur un air de la 5ieme symphonie de BEETHOVEN "pom, pom, pom, pom).

Ici LONDRES, les Français parlent aux Français ! "Ce soir nous irons à la bonne aventure".

Que signifiait cette phrase ? Un message personnel codé, envoyé par la B.B.C. de LONDRES par Franck BAUEER, bien souvent répété 2 fois qui prévenait les habitants de SAINT LEU D'ESSERENT et des environs qu'un bombardement était programmé dans la nuit ou parfois dans la journée !
Nos parents qui était à l'écoute de la T.S.F. (brouillée volontairement par les Allemands) et bien souvent résistants, savaient de quoi il s'agissait. Ils prenaient des précautions pour l'abri du soir tout en le faisant savoir à des personnes de confiance car les oreilles ennemies étaient à l'écoute !
L'origine de ce message revenait à Monsieur Léonard BONAVENTURE à l'époque garde barrière devant l'entrée de la carrière de SAINT LEU D'ESSERENT près de la D92. Monsieur BONAVENTURE avait remarqué les nombreux trafics des Allemands effectuant sans cesse des allées et retours, se dirigeant vers le centre de triage du "Petit THERAIN" pour remonter vers la carrière avec divers matériaux.
En bon citoyen Français qu'il était, Monsieur BONAVENTURE fit part de ce trafic incessant aux "patriotes résistants" qu'il connaissait. L'information fut bien sûre transmise à LONDRES par les moyens du bord.
Les mots bonne aventure intrigua certes les occupants si bien que Monsieur BONAVENTURE dont le nom de famille ne comportant qu'un seul N, reçu à maintes reprises la visite de la Gestapo.
Précisons que Monsieur BONAVENTURE était le grand père de Madame Denise JAILLARD, l'épouse sympathique de Monsieur Henri JAILLARD, le président de la batterie fanfare des amis réunis de SAINT LEU D'ESSERENT. Tous 2 résident au 8 rue Henri BARBUSSE à SAINT LEU D'ESSERENT. Il y a quelques années à l'époque de Madame Raymonde CARBON, maire de la cité "LUPOVICIENNE", une réception d'inauguration s'est déroulée pour évoquer l'historique de ce message qui a sauvédes vies humaines. Mais SAINT LEU D'ESSERENT a malheureusement déploré 16 victimes civiles.
Une plaque relatant cet événement a été apposée sur la façade du pavillon de Madame et Monsieur JAILLARD. On peut encore la voir de nos jours de même que le poste T.S.F. de Monsieur BONAVENTURE qui a reçu ces messages et que Madame et Monsieur JAILLARD conservent précieusement.

Le mercredi 14 juin, dès 8h00, des grosses formations bombardent CREIL et le terrain d'aviation. Les D.C.A. Allemande plus massive suivent de SAINT LEU D'ESSERENT les forteresses au retour qui semblent mal en point. A CRAMOISY, nous apercevons les gros éclatements noirs des obus. Un autre bombardement aura encore lieu en début de soirée.

Le jeudi 22 juin, dès 7h00, une intense activité aérienne, mitraillages, combats de chasseurs qui se poursuivront toute la journée avec le soir un bombardement sur le champ d'aviation.
Le lundi 26 juin, à 19h00 et pendant 30 minutes, des bombardements successifs ont lieu sur les bords de l'OISE à NOGENT SUR OISE, SAINT LEU D' ESSERENT avec de grosses formations. La D.C.A. Allemandes plus performante abat 6 forteresses.

Le mardi 27 juin, en fin d'après midi, une forteresse s'écrase au "champ des roses" derrière le château de MELLO tuant 3 aviateurs alliés. Le quatrième survivant sera exécuté à NOGENT SUR OISE. Le docteur Jean PICHON de MELLO soigna au risque de sa vie, clandestinement des aviateurs récupérés par des résistants dans la région.

Un mois de JUILLET très mouvementés !

Dans la nuit du mardi 4 juillet au mercredi 5, pendant près d'une heure vers 1h30 du matin, un très gros bombardement faisant des gros dégâts avait lieu au "Petit THERAIN" ainsi que sur les carrières de SAINT LEU D' ESSERENT où étaient confectionnées les carrosseries de V1. A CRAMOISY, la terre tremblait sous la charge des bombes.
"Rebelote" dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 juillet et toujours à la même heure sur les carrières de SAINT LEU D'ESSERENT et de SAINT MAXIMIN. Mais cette nuit là, des parachutes éclairés avaient été largués pour mieux atteindre les objectifs. CRAMOISY était éclairé comme en plein jour. Ce fut ainsi un vrai coup dur pour les alliés qui perdirent au cours de cette opération 32 forteresses LANCASTER de la R.A.F.
Ce samedi 8 juillet là, à SAINT VAAST LES MELLO, une formation de S.S. cerne les carrières de la localité mais n'ayant pas trouvé de résistants, ils fusillent Henri CARBALLET, cultivateur dans cette commune qui revenait de monter la garde sur les voies ferrées. Il était né à SAINT VAAST LES MELLO, le 24 novembre 1904.
Le mardi 11 juillet, dans l'après midi, sur le plateau de CRAMOISY, des Allemands en armes encerclent les sentiers du bois de SAINT MICHEL.

Le mercredi 12 Juillet, en soirée, de 20 H à 20 H 30, la route de SAINT-LEU D'ESSERENT, passant par CRAMOISY et se dirigeant vers BALAGNY SUR THERAIN subit un gros bombardement à cause des convois de V1. Des bombes du plateau de SAINT-LEU D'ESSERENT jusqu'à la gare de CRAMOISY. Une centaine de bombes à retardement qui explosèrent jusqu'au samedi 15 Juillet au matin et même une vingtaine de jours après et encore plus tard malgré celles qu'on fera exploser. Hélas, de nos jours, il en reste bien d'autres dans les marais, en plaine et dans la rivière "le THERAIN" et également dans les bois!

Le mardi 18 Juillet, vers 17 h 30 à CRAMOISY, un bombardier LANCASTER de la R.A.F est abattu par la D.C.A. allemande sur le plateau de SAINT-LEU D'ESSERENT près du chemin de la Plaine du Lieu-dit "La remise aux cailloux". Quatre corps calcinés dans la carlingue sont emmenés par les Allemands. Quatre autre corps éjectés sont retrouvés dans les champs de blé le samedi 22, lundi 24 et mardi 25 Juillet. Il s'agit de Charles GORDON-BULL pilote de la R.C.A.F. (canadien), Joseph Arthur BLASKO, pilote officier mitrailleur 19 ans, de la R.C.A.F. (canadien), Frank Ernest MITCHELL, officier bombardier navigateur da la R.A.F. (anglais), Wilfred ABBOTT, 23 ans, pilote officier navigateur da la R.A.F. (anglais).
Ils sont été inhumés par les soins de la municipalité le mardi 25 Juillet au cimetière de CRAMOISY. Une plaque commémorative a été offerte par les familles des victimes et posée dans la grande salle de la mairie.

Le mercredi 19 Juillet, de 9 H 30 à 10 H 00, une très importante vague d'avions bombardent THIVERNY, LE PETIT-THERAIN, ainsi que les fameuses carrières de SAINT-LEU D'ESSERENT.
Le dimanche 23 Juillet à 19 H 15, bombardement au centre de triage SNCF de NOGENT-SUR-OISE et au PETIT-THERAIN.

Le mardi 25 Juillet à 14 H 30 à CRAMOISY, bagarre de mitraillage, un avion allemand est abattu, et tombe près du Bois de SAINT-MICHEL.

Le lundi 31 Juillet à 11 H 25, gros bombardement à Creil sur la gare, la ville et aussi sur le terrain d'aviation.
Dés 21 heures, on entend chaque soir, d'ailleurs sans voir les avions, des vagues de forteresses volantes qui partant de l'Angleterre pour bombarder les gros points stratégiques allemands.

On les entend revenir 2 H à 3 H plus tard...

Le mardi 2 Août à SAINT-MAXIMIN vers 17 H 30, gros bombardement sur les carrières. Hélas de nombreuses maisons sont détruites. Des avions tournent sans relâche toute la nuit et lancent des bombes à retardement qui sautent jusqu'au lendemain matin. Le jeudi 3 Août, de 14 H à 15 H, plus de 300 avions bombardent CREIL, le parc, l'usine de la VIELLE MONTAGNE, le champ d'aviation et toujours SAINT-LEU D'ESSERENT avec des bombes à retardement. Quatre bombardiers sont abattus.
Le vendredi 4 Août, de 13 H à 13 H 30, bombardement moins important sur CREIL et SAINT-LEU-D'ESSERENT. Un avion est abattu.

Le samedi 5 Août, de 13 H à 13 H 45, premier bombardement sur SAINT-LEU D'ESSERENT qui est très endommagé.

Vers 14 H 30, une seconde vague, une armada aérienne de 441 avions de la R.A.F. larguèrent 2000 tonnes de bombes sur les carrières de V1 de SAINT-LEU-D'ESSERENT obstruant définitivement l'entrée principale sur les armes secrètes...

Le mardi 8 Août, de 21 H 15 à 21 H 30, gros passages d'avions alliés qui se dirigeant sur CHANTILLY bombardent les dépôts d'essence de la Table Ronde qui brûlent.
A CRAMOISY, ce même jour, les allemands installent un important poste de la D.C.A. entre la Garenne (au dessus de la pâture à M. Robert CLAYE) et MAYSEL.
Le mercredi 9 Août, avec de nombreux passages d'avions, les alertent sont fréquentes. A SAINT-VAAST-LES-MELLO, ce jour là, les allemands encerclent la commune et arrêtent un certain nombre d'habitants accusés d'héberger des résistants : Ernest BIANCHI, manoeuvre chez Marinoni, né à SAINT-MAXIMIN le 3 Août 1900, André OCHLUST né à SAINT-VAAST le 27 Juillet 1924, Marcel DEQUEVAUVILLER, né le 15 Octobre 1923, Charlemagne LASNE, né le 9 Juin 1923 à WIGNEHIES (Nord) domicilié à CIRES-LES-MELLO. Ils sont emmenés et leur familles ne reçurent plus jamais de nouvelles. Ont-ils été exécutés ou déportés?

Le samedi 12 Août, à 10 h 45, il y a de gros bombardements vers VERNEUIL-EN-HALATTE et sur SENLIS. La fumée se voit même de CRAMOISY et on remarque aussi de grosses vagues de forteresses volantes. De bouches à oreilles, on murmure que les américains sont arrivés au Sud de Paris. De 19 H à 1 H 30 du matin, tous les habitants sont habitués à la sirène de même pour se loger à la carrière de champignons à DAUBIN, située derrière le cimetière communal.
Pas de fête de "L'Assomption" pour le mercredi 15 août avec, vers 18 heures à SAINT MAXIMIN et surtout à CHANTILLY avec sa foret, les viaducs, la table ronde où presque tous les arbres ont été coupés à une hauteur de 4 mètres, une nouvelle tactique des bombes alliés qui éclataient avant de toucher le sol afin d'incendier les dépôts d'essence ainsi que les stocks de munitions !

Le vendredi 18 août, de 14h00 à 14h15, encore un bombardement sur la forêt de CHANTILLY. Depuis 16h45, sur CLERMONT, CIRES LES MELLO, les troupes Allemandes commencent à se replier. Mais de nombreux Allemands restent au château de MELLO propriété de la comtesse de DURFORT, qui était en grande partie aménagée en hôpital militaire. Cet après midi là, il y a eu un combat d'avions où 3 Anglais de la R.A.F. furent abattus.

Samedi 19 août, les troupes alliées se rapprochent. De notre village, on entend les corps des canons de la bataille qui se situe vers SAINT GERMAIN EN LAYE, CONFLANS SAINTE HONORINE, nos portes de l'OISE.

Le mardi 22 août à SAINT VAAST LES MELLO, lors de l'attaque par des résistants d'un dépôt d'armes, Andre GINISTI, né à PARIS le 25 novembre 1925, domicilié à MONTATAIRE est tué. Le lendemain, les Allemands arrêtent les hommes de la commune, fusillent Marcel BLANCHET, ouvrier, né le 20 novembre 1909 à SAINT VAAST LES MELLO et brûlent la maison d'un artisan photographe, Aristide PRIVE, né le 15 septembre1889 à BREST (Finistère), qui périt dans l'incendie le jeudi 24 août. Une rue d'ailleurs, comme pour les autres résistants, porte le nom de chacun d'eux.

Le vendredi 25 août, les résistants ont coupés les lignes téléphoniques, plus de communication. C'est bon signe car la libération approche. Les Allemands détruisent toutes leurs installations du champ d'aviations de CREIL. Ils font aussi sauter les dépôts de munitions qui s'achèvent à 0h15 du matin par une terrible explosion qui réveille tout CRAMOISY à moitié endormi ! Un avion Américain est abattu de MELLO.
Début de l'après midi de ce vendredi 25 août, de nombreux habitants de notre village étaient embauchés par Robert CLAYE, agriculteur de CRAMOISY, à cueillir une seconde récolte de petits poids dans un champ situé entre les 2 hangars du lieu dit "La GARENNE". Sous nos yeux, une grande bataille d'avions à double fuselage devait se produire entre 13h30 et 15h00 au dessus de CIRES LES MELLO. Nous pouvions remarquer ce ballet d'avions incessant lorsque 2 avions alliés chutèrent.

L'un, (peut être par réflexe) évita CRAMOISY de justesse et quelques centaines de mètres de nous effrayés, brisant dans sa chute un poteau téléphonique de la D.C.A. Allemande qui était postée au dessus de la pâture de Monsieur CLAYE.

Nous l'avons vu sauter ! Hélas trop bas ! Il tomba sur une clôture de fil de fer barbelé du bois de La GARENNE près de notre lieu de travail. Bien sûr tout le monde souhaitais sauver ce malheureux aviateurs, qui non loin du chemin fut hélas tué dans sa chute. La rotule de son genou droit sortait de son pantalon. Le corps de ce brave pilote de chasse (qui était Californien) fut caché dans les bois par des résistants réfractaires. Il n'y resta pas longtemps, car des soldats Allemands arrivés en hâte nous questionnèrent à cause de son révolver et son poignard ainsi que des papiers disparus et aussi sa montre manquante. Bien entendu, personne n'avait rien vu. Avant de le transporter dans le camion, ils lui cassèrent l'annulaire pour lui "piquer" une superbe chevalière en or. Quant au second avion, il tomba du coté de la "Fontaine des Biche", nous avons su que son pilote a été recueilli saint et sauf par des résistants. "J'accompagnais mes parents à la cueillette des petits pois" ; Monsieur Fernand DELAPLACE, bientôt 86 ans, aujourd'hui doyen de notre village y participait également. Il peut aussi témoigner de ses faits émouvants.

Le lundi 28 août, les explosions n'arrêtent pas et les Allemands brûlent tout ce qu'ils ne peuvent pas emporter. Déjà, à CRAMOISY, les agriculteurs commencent à cacher leurs chevaux en prévisions des réquisitions Allemandes qui se passe selon les informations des résistants dans bien d'autres villages. En effet il fallait planquer tout, surtout les pauvres vélos.

Le mercredi 30 août, on sait que la bataille fait rage à CHANTILLY et dans la forêt de LAMORLAYE. Les alliés se dirigent vers CREIL, NOGENT SUR OISE et commencent à gagner notre secteur.
A CRAMOISY, les Allemands en pleine débâcle commencent à passer en transportant leurs blessés sur de véhicules réquisitionnés camouflés de branchages d'arbres.
On a même vu passer un corbillard tiré par un cheval. Ils dirigent vers CIRES LES MELLO et CLERMONT. Cela nous fait penser à notre première évacuation de 1940. Nos parents nous interdisaient de regarder les convois, que nous voyons tout de même en cachette malgré les regards tristes des occupants.

CRAMOISY libéré le jeudi 31 août 1944 "la fleur au fusil", par le 120ieme régiment d'Infanterie de la 30ieme Division U.S.

A noter que ce valeureux régiment était composé en majeure partie de soldats Canadiens !

Ce jeudi 31 août, personne ne le savait. Déjà vers 7 heures du matin, une jeep américaine venant par le pont de PRECY SUR OISE et empruntant les chemins boisés de BLAINCOURT LES PRECY et du bois SAINT MICHEL par la GARENNE, rejoignait la voie ferré face à la maison de Mlle Cécile BALLUREAU pour circuler jusqu'au pont Y afin de récupérer le pilote de l'U.S. AIR FORCE, le lieutenant Clifton George MILLER, caché depuis le mardi 27 juin 1944, rue Paleron à NOGENT SUR OISE chez la mère de Marcel MARIONNAL et son frère Gilbert ( à l'époque responsable d'un des deux groupes de la résistance PARROT).
Au cours de cette matinée dans notre village, des soldats Allemands commencent à miner les deux ponts de CRAMOISY, celui de la gare menant vers MAGENTA, ainsi que l'autre de la route de SAINT VAAST LES MELLO au carrefour de Mlle Cécile BALLUREAU.

Les occupants sont peu nombreux à participer à cette opération de destruction. A 14 heures, Monsieur VANDENHECK, notre garde champêtre, clochette à la main donne l'ordre à la population d'évacuer les maisons. Tout le monde se doutait, bien sur, que les deux ponts allaient sauter, mais quand ? Les habitants s'abritent dans les carrières et les caves, d'autres vont se cacher en plaine afin de mieux voir le déroulement des opérations.

A 15 heures, les ponts sautent !
Avant ces événements, mon oncle Norbert DEBATS, (bien au courant de l'arrivée proche des américains) se dirige vers la place Jules UHRY. Je l'accompagne ainsi que mon copain Lucien DUQUESNE. Au virage de l'église, on entend des rafales de mitrailleuses venant du cavalier des carrières de MAGENTA occupé par quelques Allemands. Les balles atteignent les grands murs de la ferme de Monsieur Robert CLAYE. Il était exactement 15h10.

Un véhicule blindé allié descendant la cote de SAINT LEU D'ESSERENT était positionne dans l'échancrure entre les deux pignons et observait attentivement vers la gare et MAGENTA.
Deux coups de canon partent de ce premier char de reconnaissance. Germain JUCQUIN sort tout éperdu de son habitation située près de l'ancienne école et discute avec nos libérateurs qu'il avait tout d'abord pris pour des Allemands !

Il nous fait de grands signes joyeusement. Mon oncle Norbert DEBATS dialogue avec les trois militaires (Un américain et deux canadiens). Ces derniers parlaient correctement le français. Ils venaient de tirer vers la gare sur une petite voiture Allemande qui arrivait de MAGENTA au passage à niveau fermé (puisque le pont venait d'être détruit seulement 10 minutes avant) tuant un officier Allemand et éventrant une bonne partie de la maison du garde barrière. Il n'y eu aucune riposte ensuite !

Germain JUCQUIN et Norbert DEBATS devaient révéler aux alliés que les Allemands étaient tous parties depuis la veille. Mais les libérateurs se méfient quand même. L'un d'eux descendit du blindé pour visiter avec multiples précautions l'entrée de la ferme dont la grande porte à deux battant était ouverte. Oh surprise ! Les Allemands dans leur retraite précipitée avaient oubliés une mitrailleuse braquée sur un talus en direction de MAGENTA.

"L'homme à la jambe de bois"

Un bon quart d'heure après, des autos mitrailleuses, divers chars, camions, jeeps, etc..., arrivaient par la plaine de BLAINCOURT LES PRECY et de VILLERS SOUS SAINT LEU qui profitent de la route cachée des grands talus. Ce long convoi était orienté par un ancien vétéran français de la guerre 1914-18 qui connaissait bien la région et, que les alliées surnommaient "vieille jambe de bois". Les habitants tout heureux viennent à la rencontre de cette première colonne.
Pendant de temps, un autre régiment d'infanterie plus important descend la cote de la GARENNE face à la ferme de Monsieur Robert CLAYE.

Les Allemands piégés par les ponts (Deux devaient sauter mais heureusement, ils en restaient encore quatre)

Une question se posait pour franchir la rivière "LE THERAIN". Déjà dans CRAMOISY des véhicules légers, jeeps, … diligenté par Pierre LEVASSEUR traversaient le petit pont de l'usine PARVILLEES qui emmenaient les wagons à la plaque tournante de la gare. Le pont de bois du château de SOUS RIVIÈRE avait été lui aussi oublié. Les alliés devaient le renforcer avec des plateaux de bois. Un autre pont métallique (Toujours existant dit le pont noir de MAYSEL, derrière le château) lui aussi restait debout. Les colonnes de chars les utilisent, gagnent le talus, longent la voie ferrée en passant également sur le pont SNCF de CRAMOISY (non sauté) et ils vont prendre à THIVERNY ainsi qu'a MONTATAIRE, les derniers Allemands qui les croyaient voir arriver à CREIL. D'autres blindés alliés arrivent aussi par la route !

En fin d'après midi, une réunion se tenait à la mairie avec un officier français délégué de ce régiment. Une commission provisoire fut nommée ayant à sa tête monsieur Pierre LEVASSEUR, ancien capitaine de réserve.

Des alliés qui étaient postés en plaine, tirent sur le chemin dit de LAIGNEVILLE sur les allemands battant en retraite en direction de MAGENTA sur le plateau.
Bien sûr, dans une ambiance de tonnerre, malgré les restrictions, CRAMOISY fêtait enfin sa libération.
Quand à l'officier Allemands tué devant la barrière de la gare avec sa voiture en flamme, celui ci fut enterré longtemps près du gros marronnier situé le long de la petite vois ferrée reliant les carrières CIVET-POMMIER de SAINT VAAST LES MELLO à la gare de CRAMOISY. Plusieurs personnes (en particulier les femmes) empruntant la route de MAGENTA pour aller travailler à MONTATAIRE avaient peur de passer devant cette tombe provisoire avec sa croix de bois que surplombait le casque Allemands !

Le saviez vous ?

En mai 1944, le maréchal Hermann GOERING, commandant de la LUFFWAFFE visita les châteaux de notre région dont celui de MELLO, appartenant à la comtesse DE DUFORT. Le site semblait lui plaire, avec la vue magnifique de ce château qui surplombait le village et ses alentours, mais quand même trop exposé. Il voulait en faire son P.C. Après une visite plus approfondie de ses locaux, il changea d'avis, pour une seule raison ! Il n'y avait qu'une seule baignoire dans ce château historique.

"De quelque horizon qu"ils soient venus, le souvenir de ceux qui sont morts pour la France est acquis à jamais au patrimoine de deuils et de noblesse qui fait une grande histoire"
Extrait de l'appel à la nation lancé par le Conseil National de la Résistance en juillet 1943.


Etienne FRAMERY

L'Equipe association Groupe de Recherche Picardie 1939-1945


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